Croisière sur le Mékong
Carnets de voyage

Deux jours de croisière sur le Mékong vers Luang Prapang

By on 24 avril 2017

Quoi de mieux qu’une croisière sur le Mékong afin d’observer au mieux le quotidien des Laotiens. C’est la réflexion que je me suis faîte, me poussant à passer deux jours de mon périple en Asie su Sud-Est à voguer sur l’un des fleuves le plus iconique du continent. Une idée qui effleure l’esprit de nombreux autres voyageurs décidant d’embarquer dans ces fameux « Slow boats », après avoir franchi la frontière avec la Thaïlande. Si l’aventure pourrait vous tenter également, voici le récit de ma propre expérience jusqu’à la ville de Luang Prapang.

ARRIVÉE AU LAOS

En passant la frontière de la Thaïlande au Laos, je baptise en quelque sorte mon passeport, en lui faisant accoler mon tout premier visa. Visa un peu chaotique à décrocher, au vue de l’organisation sans nom des douaniers au poste frontière. Enfin celui pour le Cambodge m’aura initié plus de stress, spécialement à cause de sa bataille contre les « frais de corruption » (mais ça c’est pour une autre histoire !).

Au final je rejoins sans trop de mal l’embarcadère de Huay Xai, accompagné de Gianluca, un Italien rencontré deux jours plus tôt à Chiang Mai. Le tuk-tuk que nous avons pris depuis le poste frontalier, et dont le prix fut impossible à négocier, nous y a déposé malgré tout, et on a enfin pu entrevoir notre croisière sur le Mékong. Sauf qu’il était 11h00 du matin, et que c’est dommage, les départs sont prévus à 10h00.

Croisière sur le Mékong Carte

Heureusement, on a été chanceux, et les conducteurs ont attendus les derniers groupes pour lever l’ancre. Ils doivent savoir que les contrôles à la frontière prennent du temps, et font le nécessaire pour encaisser le maximum de billets. C’est donc non sans satisfaction que nous embarquons finalement dans ce long bateau fait de bois et de tôle, pour une descente du fleuve jusqu’à la ville de Luang Prapang. Au programme : deux jours de croisière sur le Mékong, avec escale à mi-chemin à Pakbeng.

JOUR 1

On a été un peu surpris par l’allure du bateau dans lequel on embarquait. Non pas que l’on s’attendait à voyager en suite de luxe, mais les sièges automobiles simplement posés sur le plancher, c’était quand même risible. Il a d’ailleurs fallu lutter pour trouver la place restante, naviguant entre les sac à dos entassés, et les jambes des passagers, et ça c’était moins drôle. Ben oui, c’est le risque en arrivant dernier aussi. Mais il faut dire que ce bateau est une usine à touristes occidentaux. Au moment de partir, presque aucun local ne nous entoure, et le peu d’entre eux présent fait partit de l’équipage du navire.

Slow Boat

C’était cela dit assez prévisible puisque toutes les agences et hôtels durant nos dernières étapes en Thaïlande vendaient des places pour cette croisière sur le Mékong. Mais dans mon cas, c’est bien pour découvrir le fleuve que je faisais ce voyage. Au moment du départ, je fais donc naturellement abstraction du brouhaha m’encerclant pour me focaliser d’abord sur notre conducteur. Un des jeunes Laotien l’accompagnant monte sur le flanc du bateau, et à l’aide d’une perche, s’assure que nous ne heurtons pas les autres navires amarrés à quelques centimètres à peine. Le bateau est long, il nous faut de longues minutes afin de s’extirper de ses « stationnements » en épi dont eux seuls ont le secret. La manœuvre est exceptionnelle.

Une fois en vogue, le vent se met à souffler durement entre les passagers du bateau. le froid s’installe doucement répandant peu à peu un certain calme au sein de l’embarcation, auparavant très bruyante. Le temps finira même après un moment par tourner à la pluie. On aurait pu croire que la morosité s’était installée au fil de cette croisière sur le Mékong. Je pense plutôt que le silence était le témoin commun de la beauté des paysages karstiques sous la brume. Défilant ainsi devant mes yeux pendant les sept premières heures, ils ne m’ont jamais ennuyés. Même le bruit grondant du moteur s’était fondu dans l’atmosphère de la traversée.

Croisière sur le Mékong

Le voyage fût ponctué de quelques arrêts à de petits villages isolés en bords de rive. Certains d’entres-eux ont l’air d’être d’une terrifiante pauvreté. On ne s’y arrête généralement que pour quelques minutes, le temps de faire monter un Laotien, ou bien décharger un sac de riz. La vie locale dépend énormément du fleuve, ici où les routes sont majoritairement des terrains de boue impraticables ne pouvant relier quoi que ce soit.

HALTE POUR LA NUIT

Dans la soirée le bateau accoste enfin à l’entrée du village de Pakbeng. La fatigue se sentait arriver, et il n’est pas déplaisant de pouvoir enfin fouler le sol après de longues heures d’immobilité. Cependant soyons clair dès le départ, ce lieux ne présente absolument aucun charme et intérêt dans la découverte du pays. Pakbeng n’existe malheureusement que pour accueillir les touristes durant la halte de leur trajet jusqu’à Luang Prapang. Et cet esprit se ressent tristement au moment même où vous posez pieds à terre, et que des groupes entiers d’enfants se ruent devant vous pour proposer babioles et bracelets tissés à des prix dérisoires.

Comme beaucoup d’autres, nous tentons de les éviter maladroitement afin de rejoindre les hôtels un peu plus haut situés sur la colline. Les prix ici sont loin d’être tous attractifs, et il ne faut pas hésiter à négocier pour s’en sortir avec quelques choses de correct. Notre chambre nous coûtera 80 000 kip la nuit (environ 9€). Certainement pas la moins chère, mais le désir de s’allonger dans un lit a pris le dessus, et puis la vue depuis la fenêtre nous a convaincu.

Croisière sur le Mékong : Pakbeng

JOUR 2

Au second jour de notre croisière sur le Mékong, le temps aura été plus clément. Un ciel dégagé nous laisse apprécier l’étendue des collines entourant le fleuve. Une vue grandiose que nous apprécions simplement jusqu’à l’heure du départ fixée à 9h00. Et oui, la moitié de la traversée reste à faire, mieux vaut ne pas partir trop tard. On prend quand même le soin de repartir avec un casse-croûte cette fois.

Cependant, même avec l’estomac plein la longueur du trajet se fait ressentir. La monotonie du voyage finit par percer, les paysages se ressemblent, et l’inconfort se mêle à la partie. En effet, le bateau se rempli progressivement plus qu’il ne peut accueillir au fil de ses arrêts, et nous nous voyons obligé de céder notre place à une mère et son jeune garçon en bas âge (même à l’autre bout du monde, les règles ne doivent pas se perdre !). On finit donc le trajet tant bien que mal, en alternant la seule place assise restante. Heureusement les rencontres à bord, elles, contrent allègrement l’ennui s’installant.

Slow boat sur le Mékong

Mais quand le bateau arrive à bon port, quelle surprise de finalement découvrir que le billet vendu pour t’emmener jusqu’à Luang Prapang, ne te dépose en fait qu’à quelques dizaines de kilomètres en amont. Et ce n’est pas par souci de capacités, non. Il y a quelques années d’ailleurs les slow boats se rendaient encore jusqu’à l’embarcadère de la ville. Mais aujourd’hui c’est une usine de tuk-tuk qui emmène tout le monde à la descente du bateau. Une billetterie a même été installée pour éviter toutes négociations ! Une façon un peu décevante de conclure ce voyage, entachant certainement l’authenticité originale de cette croisière sur le Mékong.

BILAN

Mais ne soyons pas défaitiste ! Cette croisière sur le Mékong fût dans son ensemble une très bonne expérience que je recommande vivement. C’est un moment très convivial où il est aisé de rencontré d’autres voyageurs, et permettant d’accéder à une vision du pays que vous n’aurez pas l’occasion de voir ailleurs. Si l’aventure vous tente, assurez vous seulement d’arriver assez en avance aux deux départs. Votre place déterminera votre confort durant les sept heures suivantes !

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Comptez 220 000 kips pour la traversée complète, mais ne passez pas par une agence. C’est aussi simple sur place. Sachez aussi que vous payez en deux fois et avez donc la possibilité de continuer le voyage en bus depuis Pakbeng. Une nuit dans le dit village, elle, coûtera environ 40 000 kips par personne, tandis que le tuk-tuk final jusqu’à Luang Prapang se monte à 20 000 kips.

Tentez aussi l’aventure, et n’hésitez pas à me faire part de vos ressenti de l’expérience dans les commentaires !

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Coco
France

Hey ! Je m'appelle Corentin et voici mon voyage. Cet incroyable blog sur lequel vous vous trouvez est l'endroit où je raconte mon histoire. À travers tous les endroits et toutes les choses que je vois autour du monde, je m’efforce de partager mon expérience. Suis mes aventures quotidiennes, et découvre avec moi l'essence du voyage.

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