Mon premier voyage seul : Itinérance #2, Allemagne
Carnets de voyage

Premier voyage seul : Itinérance #3, Allemagne

By on 31 juillet 2016

Je quitte Prague avec une certaine nostalgie, me dirigeant vers l’Allemagne au cours d’un frais matin de décembre. Mon cœur est léger, satisfait de ses expériences, et impatient de découvrir la suite. Remerciant Schengen, je passe finalement la frontière sans vraiment m’en rendre compte, accompagné de deux autres baroudeurs avec qui je partage un covoiturage. Je leur souhaite chaleureusement bon courage car Dresden est déjà à porté de vue. 

Voici donc la troisième et dernière partie du récit de mon premier voyage seul. Si vous pensez avoir loupé le début de l’histoire, retrouvez mes articles précédents : Itinérance #1 et Itinérance #2

PREMIERS ET DERNIERS PAS

Premier voyage seul : Allemagne

Cette étape marque mes premiers pas en Allemagne, mais aussi les derniers de ce voyage. Le goût en est tout particulier et me donne la sensation de renouer avec une Europe un peu plus proche de celle que je connais. Les quelques mois de ma vie en Pologne ont eu le temps de me faire questionner sur certains aspects de la société (le choc culturel aurait-il en fait pointé le bout de son nez ?).

Toujours est-il que j’ai choisi Dresden comme première visite dans le pays. Apparemment aujourd’hui plus connue chez nous pour être le point d’apparition du mouvement PEGIDA, la ville est pourtant un lieu estudiantin jouissant d’une forte dynamique culturelle. Je m’y aventure seul, n’ayant pas convenu de retrouver mon ami Léonardo avant la veille de la Saint Sylvestre. Je dispose donc à ce moment de trois jours dans la ville.

ARRIVÉE EN ALLEMAGNE

Dresden et moi

À l’instant où je débarque dans la ville, je me sens assez désorienté. Je réalise vite que mon chauffeur m’a déposé dans un endroit plutôt excentré du centre. Sur le moment, j’aurais été plus que comblé de trouver l’une de ses bornes qui affiche plus que clairement la mention « Vous êtes ici ». Malheureusement ce n’était pas le cas. Mais les jeux de piste ne me faisant pas peur, je finis par me diriger aveuglément vers là où j’aperçois le plus de passants.

Heureusement pour moi, c’est un plaisir de me perdre dans les rues de Dresden. Outre le cœur de la ville, qui nous offre une vue impressionnante de ce à quoi les lieux ressemblaient avant leurs bombardements, il est également possible de dénicher de nombreux coins vivants et colorés par le Street Art. Chercher mon auberge en fût presque difficile, tant je m’arrêtais pour les décortiquer. Dresden est une ville d’expression, et cela ce ressent aussi en regardant les fenêtres des habitations.

Dresden, réfugiés en Allemagne

French touch

J’arrive à mon auberge déjà exténué, après un long vagabondage dans la ville. Honnêtement, j’avais même l’intention de m’écrouler dans mon lit pour le reste de la journée, tant mon périple m’avait déjà demandé d’énergie. Finalement, je me serais très peu retrouvé seul depuis mon départ. Il n’y a pas un jour où je n’ai pas été brassé par les rencontres. Mine de rien, ça fait beaucoup pour un introverti tel que moi.

Je suis doucement en train de me perdre dans mes pensées quand la jeune fille du dortoir d’en face m’adresse quelques mots en français. Sur le coup je capte pas. Je n’ai pas décroché un seul mot dans ma langue natale depuis des semaines, donc bien entendu ma réponse peine à sortir. Mais Léna, c’est son nom, m’invitait à faire une ballade nocturne dans le centre avec elle. Je n’ai aucune idée de comment elle a pu deviner que j’étais français, mais toujours est il que j’ai été très plus qu’heureux d’accepter sa requête.

Dessin de Dresen, Allemagne

Elle m’a dit qu’elle se poussait à cet exercice de temps en temps : aller à la rencontre d’inconnus. La langue commune l’a peut-être aidée dans sa tâche, mais pour moi ça reste admirable. C’est le genre d’acte paraissant insensé aux premiers abords, mais qui définitivement a le potentiel de t’apporter quelque chose de valeur. Je ne saurais trop expliquer comment la connexion s’est faîte, mais pendant près de deux heures nous avons parlé voyage, expérience, et émancipation. J’ai exprimé pour la première en trois mois mon ressenti vis à vis de ma vie en Pologne, et ce, à une personne que je venais juste de rencontrer. Mais c’est peut-être au hasard du voyage que l’on découvre le mieux ses forces cachées.

Départ

Ces quelques jours à Dresden m’ont apportés beaucoup, mais il est déjà temps de poursuivre cette étape en Allemagne. La capitale est plutôt accessible depuis cette ville, alors je décide, une fois de plus, de m’essayer à l’autostop. Heureusement pour moi, j’eu la chance de n’attendre que cinq minutes, pour tomber sur un conducteur qui aura la gentillesse de ne pas dépasser de deux fois la vitesse autorisée.

Dresden, Allemagne

ICH BIN EIN BERLINER

Retrouvailles

Je me fais déposer cette fois près d’une bouche de métro. Cela me facilita grandement la tâche étant donné la taille de la ville. Pendant le trajet, je réalise à peine me trouver à Berlin. Mon petit périple improvisé depuis la Pologne, via la République Tchèque, pour atteindre l’Allemagne et sa capitale, est finalement devenu réel. Je retombe quand même assez vite sur mes pieds, il me faut encore retrouver mon ami Léonardo.

Il m’avait donné rendez-vous le matin suivant près de l’appartement où il séjournait (en fait celui de l’une de ses connaissances). En conséquence, j’avais réservé une nuit dans l’auberge la moins cher que j’ai pu trouver en attendant qu’il arrive sur place. Les lieux étaient miteux et l’accueil loin d’être celui offert par un Italien chaleureux, mais ils me permettaient de vadrouiller librement avant la folie du réveillon.

Aperçu de Berlin, Allemagne

Je me souviendrai longtemps de son accolade franche, comme si nous étions des amis de longue date. Je retrouva Léo (appelons le Léo maintenant) dans la rue, près du café où il petit-déjeunait. Il venait juste de crier mon nom après m’avoir aperçu furtivement. Après ça, il me présenta ses colocataires, Marianna et Stéphanie, respectivement Grecque et Hollandaise. Le courant passa naturellement, et j’étais à ce moment précis, vraiment content d’être arrivé jusque-là.

Objectif atteint

Après avoir été gavé d’authentiques spaghetti à la carbonara Italiennes (garantis sans crème fraîche), accompagnés d’une salade Grecque, nous voici partis vers la Porte de Brandebourg.

Authentiques spaghetti Carbonara

Je pense que ce fût la première fois que je participais à un évènement regroupant autant de foule. D’ailleurs, je n’ai jamais été un grand fan de tels rassemblements. L’ambiance a pour habitude de m’oppresser et me fait généralement fuir. Ce soir-là, une fois les fouilles de sécurité passées, l’espace offert par la large avenue dégagée était vraiment propice à une atmosphère de fête.

Les heures ont passées. La foule, la musique, le spectacle, puis le décompte, les feux d’artifices, et enfin l’euphorie. Ce ne fût en fait qu’une soirée parmi d’autres. Une soirée un peu spéciale, devant un des symboles de l’Allemagne, mais une soirée quand même. Le nouvel an n’a rien ajouté à cela. Ce qui a rendu ces moments forts, ce sont les rencontres qui ont découlées de ce périple. C’est grâce à l’ensemble des personnes citées depuis ma première étape, que cette soirée mémorable a clôturé mon aventure.

Nouvel An à Berlin, Allemagne

L'ARCHÉTYPE DU VOYAGE

Il fait nuit, il fait froid, et le trajet du retour est long. Depuis l’Allemagne, près de onze heures de bus pour rentrer chez moi. C’est loin d’être une partie de plaisir. Tout de même j’ai de la chance, une Russe est assise à côté de moi, et elle m’offre des gâteaux maisons. « Spasiba, Spasiba » je marmonne. Le seul mot Russe que je connaisse.

Carnet, extrait du 2 janvier 2016.

Je me pose une question. Qu’est-ce qu’un voyage parfait ? Tout dépend surement de ce que l’on cherche. Mais de manière générale, j’imagine qu’il est difficile de ne pas avoir affaire à des moments plus difficiles que d’autres.

Peut-être tout simplement parce que le mot voyage est indissociable du mot inconnu. Et c’est spécialement cet inconnu qui est la base de tout voyage. Le but est de sortir de sa zone de confort pour affronter des tas de choses, mais pour affronter quelque chose, il faut du courage.

Je ne suis pourtant pas brave. En fait, je pense que tout dépend de nous. Effectivement il n’y a pas de perfection. Chaque voyage, chaque expérience est un pas en avant qui permet de rentrer plus fort. La seule condition pour y parvenir, est d’être capable de se remettre en question chaque jour, afin d’apprendre de chaque expérience de la vie.

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Coco
France

Hey ! Je m'appelle Corentin et voici mon voyage. Cet incroyable blog sur lequel vous vous trouvez est l'endroit où je raconte mon histoire. À travers tous les endroits et toutes les choses que je vois autour du monde, je m’efforce de partager mon expérience. Suis mes aventures quotidiennes, et découvre avec moi l'essence du voyage.

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